Interview de Kamini réalisé par Benoit Vahtar à RCV le 23 Novembre 2009
Benoit: What’s up le mag de l’actualité musicale et culturelle avec aujourd’hui dans les studios Mr. Kamini. Kamini bonsoir !!
Kamini: Bonsoir à tous !!
Benoit: Et oui ce n’était pas une blague il y a bien Kamini dans les studios… Mais Kamini et RCV c’est une longue histoire en même temps.
Kamini: Bah oui j’ai débuté ici aussi il y a 3 ans. Je suis passé au tout début du buzz.
Benoit: Et ce soir t’es venu nous parler du nouveau buzz
Kamini: Oui voila le nouveau buzz. Le renouveau.
Benoit: T’es venu nous parler de ton nouvel album enregistré avec Dr.Dre on le sait tous.
Kamini: Ouais avec Dr Dre, à L.A, en Californie.
Benoit: On va prendre le temps d’en parler mais on ne va pas trop le découvrir. On va se garder les autres morceaux en surprise pour tout le monde. On va juste s’écouter le single. Mais le temps qu’on s’installe on va s’écouter un extrait du dernier album de Dizzee Rascal. Est ce que tu connais Dizzee Rascal, Kamini ?
Kamini: Non mais tu va me faire découvrir ça mec…
Morceau + Jingle RCV avec le roi Heenok
Benoit: Avec un jingle qui vous a bien fait marrer dans les studios, ça fait plaisir. Le roi Heenok tu kiffe ce qu’il fait un peu ?
Kamini: Moi je n’ai pas compris en fait. Je kiffe parce qu’il me fait marrer. C’est vraiment très drôle comme personnage, c’est très très viral. C’est vraiment très marrant quoi. Après je ne sais pas. Je ne peux pas trop juger parce que je ne sais pas s’il rappe ou s’il rappe pas. Je n’ai jamais trop su et personne ne sait trop au final. Même son ami Mouloud ne sait pas s’il rappe vraiment.
Benoit: Si si pourtant il a sorti des albums et tout. Il est passé à Paris, il y a à peu près un an je crois pour la sortie d’un album que je n’ai jamais entendu. Moi je l’ai plus vu sur internet.
Kamini: Bah ouais moi pareil. Mais il avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Justement en 2006 aussi : l’année du net. Il avait fait beaucoup de bruit.
Benoit: Et toi aussi t’as fait beaucoup de bruit. Puisqu’on te connait tous pour « Marly Gomont » et puis il y a eu l’album qui est sorti et tout et tout. Aujourd’hui tu reviens avec un deuxième album qui s’appelle « Extraterrien » et qui sortira dans un peu plus d’un mois maintenant: le 27 novembre. On va en profiter pour retracer un peu tout ça. Je suppose que tu as eu le temps de digérer un peu tout alors qu’au début c’était la folie, tu ne comprenais pas trop.
Kamini: Bah ouais voila moi ça m’ai tombé dessus comme ça. Tu sais bien tu t’en souviens de toute façon. Au début je bossais comme infirmier du jour au lendemain je me balade dans les rues à Lille les gens ils m’abordent. On m’accoste. On me demande si c’est bien moi le mec du clip sur internet. Parce qu’à l’époque j’étais reconnu dans la rue alors qu’on n’était même pas en télé ni en radio. Il a vraiment fallut s’adapter à la nouvelle conjoncture de vie et s’adapter rapidement. Heureusement pour nous moi et martin on a su s’adapter. Donc voila on a signé en maison de disque. On a sorti un album qui a fait disque d’or : « Psychostar World » le premier album. On est parti en tournée. On a fait 4 clips. On s’est fait plaisir artistiquement jusqu’a l’aboutissement suprême, j’espère pour nous, le deuxième album à découvrir très prochainement.
Benoît: Alors il faut savoir que malgré le fait que tu sois hyper connu et que tu sois signé chez Sony, pour ne pas les citer, Kamini c’est quand même toute une histoire avec ton manager Martin. Parce que finalement c’est vous-même qui produisez tout, qui gérez tout et qui faite tout.Tu gères toi-même plus ou moins ta carrière avec l’aide de Martin. Est que tu peux nous raconter comment ça se passe. Pourquoi ce choix ?
Kamini: Bah déjà Martin je l’ai rencontré c’est vraiment le hasard de la vie. A l’époque j’habitais àWazemmes et son studio était juste derrière chez moi quoi et je cherchais un gars justement pour me lancer dans la région tu vois. Faire une mixtape commencer par la base en fait. Fallait que je trouve un studio un gars qui me suive plus ou moins et je suis tombé sur Martin. On a sympathisé vite. Je lui ai fait une démonstration en live. Il a kiffé. Alors on a dit: « Bon écoute on va avancer à deux ». Et au final on ne s’est jamais séparé et jusque là ça a toujours tourné quoi. Donc voilà on enregistre à Lille. « Marly Gomont » par exemple ça été enregistré à Lille. Là, 80% de l’album on a enregistré les voix à Lille au studio. Il y a une partie de production qui a été faite à Villejuif et une autre partie de production et de mix en Suisse en faite. Donc il a été fait en trois phases. Mais on travaille beaucoup sur Lille. On est quand même assez indépendant parce que tu vois Kamini c’est un produit qui vient du net. Moi je ne suis pas dans la hype parisienne. Je ne peux pas appeler le patron de NRJ comme ça: “ Salut mec c’est Kamini tu me joues mon single dans 3 semaines stp”
Tu vois je ne connais personne. On ne connait personne. Nous on est obligé d’exister par l’artistique. On met un clip sur internet et c’est les gens qui nous suivent, les gens qui font le buzz, les gens qui nous félicitent sur internet, qui nous laissent des commentaires. Ou même des gens qui nous traite aussi. Mais en tout cas pour exister on doit faire nos preuves artistiquement nous. On est des petits provinciaux et pour l’instant on n’a pas à se plaindre. Parce que ça tourne quoi. On a le soutien du public, des internautes. Que je remercie d’ailleurs au passage parce qu’on a mis le clip “Parce qu’on est con” il y a quinze jours et on est pratiquement à un million de connexions. Donc voila en quinze jours le public est toujours là. C’est une belle histoire en tout cas. Moi et Martin on est très content de l’évolution des choses.
Benoit: Et que ça continu comme ça aussi aujourd’hui. Parlons de tournée aussi parce que la tournée c’est vous aussi qui avez géré c’est vous qui avez recruté les gens, qui avez pris le temps de monter tout ça. Cette tournée ça c’est passé comment pour toi ? C’était ta première tournée avec des vraies grosses scènes directes et tout.
Kamini: On a fait une trentaine de dates. On est même passé à l’Aéronef à Lille pour les 25 ans de RCV. La tournée s’est achevée avec une date à L’Elysée Montmartre à Paris. Donc c’était une bonne petite tournée pour commencer. Voilà. Parce que de toute façon il faut toujours faire ses preuves dans le milieu Hip Hop. Même dans le milieu artistique je dirais. T’es toujours en train de faire tes preuves tu vois. Même si t’as fais un gros coup avec « Marly Gomont » après il faut sortir un deuxième single. Alors on fait « J’suis Blanc ». Ca va on s’en sort. Après « J’suis Blanc » il faut sortir l’album. Est-ce que l’album ça va marcher ? Alors on sort l’album. Ca va on s’en sort. Maintenant que tout ça a marché faut sortir le deuxième. Donc tu dois toujours faire tes preuves et ce n’est pas parce que tu viens du net que tu vas tout de suite remplir les salles non plus. Donc pareil sur scène faut faire tes preuves. Donc nous c’est ce qu’on a fait on a parcouru la France et on monte sur scène quoi. On mouille le maillot comme on dit.
Benoit: Mais toi les challenges j’ai l’impression que t’aime bien ça quand même.
Kamini: Mais c’est ça l’esprit des chevaliers. C’est ça les grands chevaliers. Il faut vaincre les forces du mal. Le chevalier quand il est désespéré c’est là qu’il trouve la force au fond de lui. Il se relève. (rires)
Benoît: Et puis même tu ne plonges pas toujours dans les mêmes recettes. Tu parlais des clips que tu as fais. Il y a eu le clip de « Psychostar Show » qui n’était pas du tout un clip comique au final. Même si ça faisait rire jaune plutôt qu’autre chose.
Kamini: Ca faisait rire et peur en même temps disons. Mais pour le coup « Psychostar Show » c’est une histoire particulière parce que le clip il avait démarré très fort. On était en airplay sur toutes les chaines. C’était un truc de ouf. On était bien classé. Je crois qu’on était quatrième ou cinquième ou je ne sais plus quoi. Et puis du jour au lendemain il y a un gars qui a pété un câble. Il a téléphoné aux chaînes télé et puis il a commencé à dire : “Oui écouter retirer moi ce clip là, ça choque mes patients. J’ai une association sur la psychiatrie. S’il ne retire pas le clip je porte plainte”. Donc les chaines elles ont flippé et elles ont retiré le clip. C’est comme ça qu’on a été un peu, entre guillemets, boycotté sur « Psychostar Show. Mais « Psychostar Show » a trouvé son public. Là pareil on a plus d’un million de connexions dessus. Donc voila c’est un clip qu’on a vraiment kiffé avec Martin. On s’est vraiment donné. On l’a tourné dans la région aussi. On l’a tourné à Saint André tu vois. On a fait venir des gens de la région qui ont participé. On est vraiment fier de « Psychostar Show » même si on a été plus ou moins interrompu dans notre évolution à ce moment là.
Martin: C’est vrai que c’est un clip régional. 100% régional pour le coup celui là. On a ramené deux ou trois comédiens de Paris qui avaient des têtes un peu spéciales aussi. Mais c’est vrai que en gros on a travaillé qu’avec des gens d’ici. On a géré et on est assez content de ce clip. Vraiment.
Benoit: Et c’était une réussite. Moi perso c’est mon préféré.
Kamini & Martin : Nous aussi !! « Psychostar Show » franchement c’est quand même notre fierté ce clip.
Benoit: Après il y a aussi « Un ptit coup de motherfuck » qui m’a bien fait marrer quand même.
Kamini: Ouais « Un ptit coup de motherfuck ». Là je parle un peu du fait que dans le rap en France on essaye trop de copier des choses aux ricains sans comprendre vraiment la culture ricaine. C’est pas la même tu vois. En France le rap français c’est plus les textes. Tu prends le rap il y a quelques années comme IAM et NTM et tout c’était beaucoup du texte et beaucoup de revendications vraies et réelles. Alors que là le temps passant on copie beaucoup des choses des Statent sans comprendre pourquoi aux States ils font ça au final. C’est pas notre culture tu vois et c’est un peu dommage. Motherfuck c’était un peu le message. Rester authentique en gros ça voulait dire.
Benoit: Voila on a pris le temps de passé en revue tout ce qu’il s’est passé depuis 3 ans. Maintenant on va s’écouter « Parce qu’on est con » pour tous ceux qui ne sont pas encore allez voir le clip sur internet et on parlera du nouvel album juste après ça.
Morceau « Parce qu’on est con »
Benoit: Parce qu’on est con et ouais c’est tellement vrai putain. Tu résumes tout en 4 minutes 11. Balaise !!
Kamini: Bah ouais c’est un texte ou je parle des êtres humains, de notre comportement. J’analyse un peu nos points forts nos points faibles et surtout notre coté paradoxal en fait. Tous les paradoxes de la vie. On fume des clopes alors qu’on a peur du cancer. On va s’acheter des fringues alors qu’on a plus un rond tu vois. C’est compulsif. Et même des fois quand t’es amoureux de ta meuf tu la trompe quand même tu vois. Des trucs de la vie. Et j’ai mis ça en exergue avec un parallèle avec les choses beaucoup plus graves de la vie. Comme la guerre qui au final n’est jamais bénéfique. Comme la famine alors qu’au final il y aurait quand même des solutions pour limiter tout ça.
Benoit: Et le coup des milliards lachés pour les banques…
Kamini: Exactement c’est quand même des absurdités de la vie et « Parce qu’on est con » c’est ça ça parle des absurdités de la vie avec un ton décalé et de l’humour mais il y a toujours un message quand même derrière tout ça.
Benoit: Mais c’est ça qui est balaise dans ce que tu fais, dans ta façon d’écrire parce que c’est à la fois vrai, à la fois drôle, mais pas des trucs à se pisser dessus non plus. C’est pas des canulars tu vois.
Kamini: Bah je ne suis pas un clown quoi. On a essayé de me faire passer pour ça mais je ne suis pas un clown au final. C’est juste qu’au lieu d’envoyer des messages frontaux je contourne avec l’humour. Parce que les messages passent plus facilement au final. Et c’est aussi une question de personnalité. Moi je suis comme ça dans la vie tu vois. Le rap c’est rester authentique, c’est rester sois même. C’est pas s’inventer une vie et moi quand j’écris « Parce qu’on est con » quand je parle des gens, des êtres humains c’est parce qu’ils sont autour de moi. J’observe et je ne vais pas commencer à raconter dans mes textes des choses que je n’ai pas vécues. « Parce qu’on est con » c’est juste une analyse mais sans prises de positions. Ce n’est pas un jugement moral. J’ai pas de leçons de morale à donner au gens.Je ne suis pas Dieu. Je n’ai pas la science infuse. Moi aussi je suis con. Moi aussi je fais des conneries à la con. (rire) Et donc voila c’est ça que je voulais vraiment réussir à faire. Parler des choses sans être trop moraliste.
Benoit: Sans révéler évidemment ce qui s’y passe dans ce deuxième album. Est ce que tu peux nous raconter l’évolution entre le Fruity Loops, chez toi tout seul, et un deuxième album, en studio, avec du lourd ? Dr.Dre en Suisse !! (rires)
Kamini: Bah en fait c’est très simple. Le premier album on n’a pas pu exploiter notre capacité de création artistique au niveau du son, pour la simple et bonne raison que quand on a fait Marly Gomont tout n’est que maquette. A la base nous on fait le clip c’est une maquette. On fait le son c’est une maquette Je pause en studio avec Martin c’est une maquette. Et on décide d’envoyer cette maquette aux maisons de disques. Et cette maquette se retrouve numéro 1 des ventes pendant plusieurs semaines. Donc tu peux pas arriver sur le premier album avec le dernier single le plus vendu en France qui est « Marly Gomont » comme gros titre phare et 11 autre titres super travaillés avec des guitaristes alors que « Marly Gomont » le son était minimaliste et très cheap et très fruity loops comme on dit. Donc ça aurait été incohérent et c’est pour ça qu’on s’est restreint volontairement sur le premier album. Pour rester sur un coté minimaliste et avoir quelque chose de cohérent par rapport à l’image qu’on projetait de moi dans les medias et aussi a travers mon son quoi. Alors que là pour le deuxième album… Déjà avec « Marly Gomont » il faut le dire on a gagné un peu de sous. Avec Psychostar Music on a pu s’acheté du matos. On a apprit à utiliser ce matos. On a bossé avec des gens qui maîtrisent ce matos et donc du coup forcement le son est beaucoup plus lourd. On a prit le temps aussi de faire les choses. Parce que là j’ai quand même mis un an, un an et demi à bosser sur l’album. Donc on a pris le temps quoi. Contrairement au premier album ou on a eu un buzz de ouf. T’as la maison de disques derrière qui te braque avec un fusil « Alors quans est ce que tu sors le truc là ? . Forcement tu cavale un peu tu vois. Alors que là sur le deuxième album on a dit stop. On prend notre temps quitte à se faire oublier, à disparaître un petit peu. De toute façon c’est cyclique tout ça. Je ne suis pas le seul artiste en France. Forcement il faut de la place pour les autres aussi. Et on reviendra quand on sera sûr de nos prods. Et donc voila on a vraiment un son plus lourd. On a bossé avec les bonnes personnes. Et notamment avec Focus de l’équipe de Dr.Dre, de AftherMath, qui est venu bosser avec nous sur un son. On a aussi un solo de guitare de Bastien un mec du groupe Silvouplay, un groupe électro. On a fait venir une chanteuse lyrique qui chante dans la comédie musicale « Cléopatre », Dominique Magloire, qui pose sur un titre qui s’appelle « En ce moment même ». On a un featuring avec Hamid Mestari, un chanteur de raï. Donc voila. L’album il a vraiment plusieurs couleurs et après c’est vrai qu’au niveau du son il est très lourd quoi. Je suis pressé de faire découvrir ça aux internautes et à tout le monde au final.
Benoit: Et alors des thèmes qui n’ont rien a voir les uns avec les autres. Je vois « Ca c’est Showbizz ». J’imagine que tu traites le showbizz.
Kamini: Bah c’est inspiré de ma vie quoi. C’est la suite de Marly Gomont quelque part. Voila je suis découvert par le public grâce à Marly Gomont. Je sors mon album et tout. Apres qu’est ce qui se passe ? Bah Kamini il est dans le showbizzness. C’est la vie de Kamini dans le showbizzness mais toujours en tirant, en grossissant, les Traits de caractères de chaque situations et de chaque personnages que J’interprète dans le morceau. Ca donne un morceau assez drôle quand même « Ca c’est Showbizz ».
Benoit: Et « Faut que ça fuck » ?
Kamini: « Faut que ça fuck » (rires) c’est un petit jeu de mots quoi pour expliquer que la jeunesse doit prendre les choses en mains et arrêter de se prendre la tête.
Martin: C’est la surprise. Mais celui là au niveau de l’écriture je l’aime beaucoup.
Benoit: Et puis un petit dernier dont tu peux nous révéler quelque chose. « Les Gens »
c’est un peu à la « Parce qu’on est con » ou là tu passe en revue tous les types de
gens ?
Kamini: « Les Gens » bah c’est les gens quoi. Ils sont tellement fascinants. Mais je parle des mauvais gens, des gens qui critiquent, qui ont toujours une critique, qui ne sont jamais content, qui n’aiment pas ceci, qui n’aiment pas cela. Mais tu leur demande pourquoi ils ne savent pas. Bah tu vois c’est ces gens là « Les Gens ». C’est tellement impressionnant et on en croise tellement tous les jours dans tous les domaines, dans tous les milieux, que « Les Gens » c’était, entre guillemets, un morceau facile à écrire. Parce que c’est vrai les gens ils sont comme ça. Il y a des morceaux que je suis vraiment pressé de faire découvrir au public pour voir si ils disent « Ah ouais c’est vrai ». Parce que c’est vrai les gens dans la vie ils sont terribles.
Martin: Ils vont devoir attendre un petit peu. Encore quelques semaines puisque ça sort le
27 novembre.
Benoit: J’imagine qu’il y aura beaucoup de promo. Les télés, les radios, les interviews, …
Kamini: Bah on reprend tout doucement. De toute façon comme je te disais tout à l’heure, on est des provinciaux. On est des indépendants quand même. Donc on peut pas débarquer comme ça sur les grosses ondes et sur les gros medias: « Bonjour c’est nous on revient ». Donc on prend notre temps. Faut qu’on aille sur internet faire mal. Rappeler qu’on est là. Et après les choses commencent à s’enchaîner. On a eu des reportages sympas sur France 3 Picardie, France 3 Nord-Pas-de-Calais. On commence à faire des radios un peu partout. Même sur RCV. (rires) Donc on revient tout doucement.
Benoit: Et c’est quoi la pire interview que tu te sois taper parmi toute cette campagne de
promo qui a eu sur le premier album ? Le pire souvenir ?
Kamini: C’est plus certaines questions qui sont nulles en fait. Ce n’est pas une interview en particulier. C’est des questions nazes ou même des voix off qui parlent dans les émissions. « Alors oui Kamini qui a été découvert avec son rap agricole ». Rap agricole quoi. Tu te rends compte ? Ca ne veut rien dire. Rap agricole. Alors c’est comme si donc tu mets le disque et les carottes elles poussent dans les champs avec des tomates et tout. Rap agricole. Ouah regarde ma floraison. Alors que les mecs ils ont fait des études. Ils sont journalistes. Ils disent des trucs comme ça. Enfin c’est assez impressionnant quoi. Ce n’est même pas énervant. C’est drôle au bout d’un moment. Le mec il cherche, il a un problème. Temps qu’il n’ ait pas mis un terme sur le truc il est angoissé. « Bon faut que je trouve un truc là. Allez rap agricole c’est bon. » C’est plutôt des trucs comme ça qui sont plutôt choquant, entre guillemets. Toutes proportions gardées. Mais c’est plus ça que des interviews en particulier au final.
Benoit: “Son de l’campagne dans ta gueule” quand même c’est un petit peu rap agricole
non ?
Kamini: (rires) “Son de l’campagne dans ta gueule” c’est un morceau où je remets les choses à leur place. C’est un peu un “Marly Gomont” en plus hardcore. Ou je dis que voila mon son il vient de la campagne. Chacun doit représenter son quartier, son vécu, son district ou je ne sais pas quoi. Et nous on est des provinciaux. On vient de la campagne. Et voila c’est le son qui vient de la campagne. “Son de l’campagne dans ta gueule” dans le sens ou il faut ramasser. Tu ramasse le son parce que là le son du deuxième il est lourd. On l’a mis en dernière position sur l’album parce que voila comme le son il est fat on se dit pour conclure il faut expliquer que ça ça vient la campagne. C’est du west coast Nord-Pas-de-Calais Picardie. Aussi NPP.
Benoit: Moi ça me fait penser un peu à Orelsan qui a sorti son album. Genre lui il habite à
Caen. Il se fait chier. Il squatte les arrêts de bus et tout. T’as écouté Orelsan un
petit peu ?
Kamini: Orelsan j’ai écouté quelques morceaux et moi il me fait bien marrer. Même le truc « 14 février » . Non « Saint Valentin ». Qu’est ce que j’étais mort de dire. Je lui souhaite tout le bonheur du monde. Il mérite vraiment. Parce que tu vois justement dans le rap ce qui est dommage c’est que les mecs en ce moment ils abordent souvent les mêmes sujets de la même façon. Tous un peu dirty. Ca se ressemble trop en ce moment, tant au niveau du clip que du son. Alors que Orelsan justement ce qui est bien c’est qu’il apporte quelque chose de frais. Parce qu’il faut dire frais maintenant les gars c’est important. C’est important. Maintenant à Paris ils disent frais. Ouais Orelsan il apporte quelque chose de frais. J’aime beaucoup. C’est original je trouve.
Benoit: Bon l’heure tourne et j’imagine que vous avez beaucoup de trucs à faire
Kamini: Encore beaucoup de taf quand même oui. On suit ce qui se passe sur internet. On envoie des mails. On en reçoit. On répond aux gens.
Martin: Demain on est dans les Ardennes. On joue au Magnum, à Sermaize-les-Bains.
Benoit: Bon bah bonne route les gars alors. Pour se quitter j’ai le dernier Snoop. Je me suis dis Dre/Snoop on va pousser le truc jusqu’au bout. En tout cas merci d’être venu et à la prochaine. Vous repassez pour l’album de toute façon.




















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