amy

Le 1er duo de rappeuses françaises débarque avec un 1er titre « Attend » cet été, et dans les bacs avec un album en octobre. Elles s’appellent Amy (de Choisy, 94) et Bushy (de Toulouse, 31).

Ont la vingtaine, un flow de malade et comme parain- producteur, monsieur Rohff. On fait pire comme CV ! Direction les studios Foolek pour les rencontrer et écouter l’histoire de leur singulier parcours…

Retrouve l’interview pour R.A.P R&B d’Amy et Bushy et de Rohff à propros d’elles !

C’est le moment d’en savoir plus sur elles …


R.A.P R&B : Il vient d’ou vôtre blaze ?

Bushy : Tout simplement du fait que je m’appelle Bouchra. On me surnomme comme ça depuis que je suis toute petite, c’est juste un diminutif, sans sens particulier. Depuis, j’ai appris qu’en japonais, ça voulais dire guerrier. Et c’est marrant, ça me correspond assez. Sinon, au début, je m’appellais Shanyce. J’avais posé sur Talents Fachés 3 sous ce blaze la. Mais il y avais une autre fille qui s’appellais comme ça sur l’ile de la tentation et je ne voulais qu’on fasse l’amalgame.

Amy : Pareil, juste parce que je m’appelle Amynatou.

R.A.P R&B : Vous avez commencé comment dans le rap ?

Amy : Depuis toute petite, je rappe seule, en sous marin. Mais mes frères y ont toujours été hostiles parce que beaucoup de leurs amis sont dedans, comme la Mafia K’1 Fry ! Donc ils m’ont dit : « Si tu continue tes études, tu pourras rapper. » Ce que j’ai fait, jusqu’à un master de marketing. Quand j’ai terminé, je leur ai dit que j’avais toujours envie de rapper et là, ils etaient un peu bloqués (rires). On me dit souvent : « Je ne comprends pas pourquoi tu rappes alors que t’as fais de longues études? » Justement, j’ai toujours écrit en parallèle. Et le fait qu’on ait du mal à trouver du travail quand on vient de banlieue, même si on est sur-diplomé, ça m’a aidé à écrire. J’en parle d’ailleurs souvent dans mes textes.

Bushy : Moi aussi ça fait longtemps que j’écris, que je rappe. J’avais déjà posé sur des petites mixtapes locales, à Toulouse. Et à l’époque du deuxième album de Diam’s, Brut de femme, j’avais gagné un concours sur Skyrock pour faire un morceau avec elle. Elle avait aussi parlé de moi à Housni et Ikbal mais je ne sais pas si ça a un lien. Bref, à l’époque j’étais vraiment timide. alors à chaque fois qu’elle m’appelait pour qu’on fasse le featuring, je lui disait que j’étais pas prête, j’osais pas la rencontrer… J’ai raté l’occas’ du coup ! Mais on est toujours en contact.

R.A.P R&B : Votre rencontre avec Rohff ?

Bushy : En 2005, Housni est venu enregistrer Au delà de mes limites à Toulouse, aux studios Polygone. J’étais avec des potos, on est allés le voir pour lui faire écouter des trucs. Ikbal, qui était là lui aussi, a accroché et pris un de mes sons pour Talents Fachés 3. 1 an après, le manager d’Housni m’a contactée pour savoir si j’étais intéressée pour signer sur Foolek. Et c’est vraiment en 2007 qu’on a commencé à bosser ensemble.

Amy : Ca s’est fait par l’intermédiaire de Bushy en fait. On s’était rencontrées sur myspace et on devait faire un feat sur son album solo. Parce qu’on aimais ce qu’on avait écouté l’une de l’autre. Elle du sud, moi du nord, toutes les 2 Maliennes, ça ne pouvait que coller! Je suis venue dans les studios de Rohff avec ma maquette, il l’a écoutée et c’est de là qu’on est partie sur l’idée d’un album en commun à 2. C’était il y a un an.

R.A.P R&B : Cet album, c’était votre 1ere expérience en studio ?

Amy : Non, j’avais déjà préparé un mini album solo dans un studio parisien. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré Aysat, qui m’a récemment demandé de poser sur son morceau, Je n’ai pas choisi. Donc, ce 1er album a été fait avec les moyens du bord. En allant chercher des instrus à droite, à gauche, en utilisant les faces B. en fesant le clip tout seuls avec mon manager Kimbala. J’ai été coupée en plein cours par la proposition d’Housni. Du coup, j’ai mis mon album de côté pour le moment.

Bushy : J’avais déjà posé aussi. En 2007, j’ai rapper pour un projet d’Al Peco. Après j’ai fait les 1eres parties de Joey Starr parce que le petit frère de Dadoo, c’est un très bon ami à moi. Donc en 2006, j’ai suivi Joey Starr à Toulouse, Montpellier et Bordeaux. Après, j’ai également des affinités avec Pone, de la FF. Le studio, j’en ai fais beaucoup à Toulouse. Sans jamais faire partie d’un groupe.

R.A.P R&B : Vos familles l’ont vécu comment, vôtre passion pour le rap ?

Bushy : Moi, dans ma famille, le rap n’a jamais été mal vu. Vu que j’était assez turbulents, pour ma mère c’était plutôt une issue que j’écrive, même du rap! Après, du coté de mon père, comme ils sont à fond dans la religion, ce n’est pas super bien accepté.

Amy : Il faut savoir que chez nous, les Maliens, ceux qui chantent sont des griots, des gens qui mendient. C’est pour ça que pour nos parents, c’est la honte d’être un chanteur…

R.A.P R&B : Et comment ça se passe avec Housni ?

Amy : Il est super éxigeant. Maintenant on a nôtre liberté sur les textes comme sur les prods. Il nous conseille. Il nous fait refaire si ce n’est pas parfait. Mais on garde toujours nôtre personnalité. Au niveau des conseils, il m’a toujours dit de jouer plus avec mon style et de m’amuser sur l’instru.

Bushy : Et moi c’est le contraire, il m’a donné des conseils sur ma plume. Il m’a dit de me servir de mon vécu pour écrire des choses.

Amy : Il nous prend comme ses petites soeurs. Que ce soit bien ou pas, il nous le dit franchement. Il nous booste. Mais c’est clair qu’on a l’impression qu’il a un peu plus de tact avec nous. C’est plus un rapport de grand frère.

L’avis du producteur… ROHFF

En attendant ses concerts aux Zénith de Strasbourg (le 3 octobre) et Paris (le 6 octobre), Rohff se consacre à son label, Foolek. Il en prépare activement les 2 prochaines sorties : l’album de Casus Belli (qui vient de lâcher un tape, Para Bellum) et le 1er opus d’Amy & Bushy (qu’on a également pu voir dans le clip de Rap Game). Alors avant d’en découvrir le 1er extrait (Attends), que le duo féminin a joué a Marseille lors de la dernière tournée d’Housni, celui ci revient pour nous sur ce choix, de produire un groupe de meufs, et son role précis dans ce projet…

R.A.P R&B : Comment décrirais-tu ces 2 rappeuses ?

Rohff : Bushy, quand je l’ai rencontré à Toulouse, j’ai été agréablement surpris. Elle a ce truc que nous mêmes on a, très pointilleuse sur le style. En plus elle raconte des vrais choses. Elle m’a interpellé. J’ai senti la force, sa rage, un coté écorchée vive et puis aussi un amour pour le hip hop, la technique, qui me parle tout à fait. Amy c’est la petite soeur de potos à moi que je considère comme des frères. Dont Hammadoun, du quai 54. Je l’ai rencontrée à un concert de la Mafia K’1 Fry à Mantes la Jolie. Après, j’ai vu un clip à elle et j’ai tout de suite vu ses talents d’écriture. Et techniquement, elle est très mature. Encore une adepte du Hip hop ! Sachant que Bushy était déjà dans la maison, j’ai eu l’idée de les unir pour un projet d’album. C’était pas facile parce qu’elles ne se connaissaient pas du tout, qu’il fallait mélanger les 2 styles, faire preuve de patience. Mais c’etait un défi à relever parce qu’il n’y a pas encore de groupe de meufs qui ne se soient imposées.

R.A.P R&B : Travailler avec des filles, c’est comment ?

Rohff : Je propose beaucoup : des concepts, des sons… Après l’écriture, c’est entierement elles qui gèrent. Bon d’accord, parfois je vends des sons parce qu’y en a sur lesquels je les vois super bien et c’est l’experience qui parle! Mais il faut que je les laisse faire parce qu’elles doivent développer leur côté féminin. alors elles prennent juste ce qu’elles ont à prendre. Je me retiens souvent de dire des trucs mais quand elles regarde ma manière de taffer, elles comprennent certaines choses, qu’il ne sert à rien de se précipiter par exemple. Mais c’est marrant, depuis qu’elles ont formé le groupe, j’ai pu voir les progrès, l’osmose de styles tout en gardant le style Foolek. Au niveau des textes, elles connaissent la définition de La grande classe donc elles savent gérer leur language… Pour moi, l’écriture, c’est comme aller chercher un trésor très profond, faut creuser. Et pour construire, après, faut tricoter. Et y’a 10 000 manières de tricoter.

R.A.P R&B : Si tu devais les présenter tu dirais…

Rohff : Amy, c’est une fille très ordonnée, motivée, soigneuse. Qui a quand même un bac+! Et en même temps, c’est la petite soeur du quartier, du ghetto, qui représente bien le 9-4. Bushy, elle a sa vie, elle vient d’une famille nombreuse. Elle est plus du sud. C’est la petite écorchée vive qui a un gros coeur mais qui sait écrire aussi. Elle est aussi un peu mystérieuse, marginale…

R.A.P R&B : Pour conclure, elles t’ont appris quoi ?

Rohff : A mieux les gérer, les comprendre et les cerner. Mieux comprendre les femmes en général aussi! Pourquoi elles se prennent la tête souvent par exemple… J’ai appris à avoir du tact, à leur parler, à les calmer, à les préparer aussi pour l’avenir. Si elles ont un éventuel succès, je ne voudrais pas qu’elles se bouffent entre elles. Ce serait dommage que ça se termine comme avec l’ancien TLF…

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